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08/01/2016

Dire que nous v'là grand-parisiens !

Si le gentilé grand-parisien n'a pas encore d'existence officielle, il nous faudra nous y faire : depuis le 1er janvier 2016, un peu comme en 1860 ces personnages de Daumier sont devenus parisiens, nous sommes devenus grand-parisiens.

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Nous avions déjà notre quartier (Bel-Air), notre arrondissement (le 12e), notre canton (à Paris, les cantons sont assimilés aux arrondissements), notre circonscription (la 8e), notre commune (Paris), notre région (l'Île-de-France) ... et voici en plus, la métropole du Grand Paris !

Créée par la loi Maptam (affirmation des métropoles) du 27 janvier 2014 et retouchée par la loi NOTRe (réforme territoriale) du 7 août 2015, la métropole du Grand Paris (MGP), c'est 131 communes d'Île-de-France regroupées en 12 territoires (d'au moins 300 000 habitants) dont le 1er est Paris.

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La métropole du Grand Paris est administrée par un conseil de la métropole, composé de 209 représentants élus par les conseils municipaux de chaque commune membre de la métropole. En décembre dernier, le conseil de Paris a élu 62 conseillers métropolitains dont 6 élus du 12e :

  • François HAAB (Groupe UDI-Modem)
  • Nicolas BONNET-OULALDJ (Groupe Communiste – Front de Gauche)
  • Jean-Louis MISSIKA (Groupe socialiste et apparentés)
  • Catherine BARATTI-ELBAZ (Groupe socialiste et apparentés)
  • Emmanuel GRÉGOIRE (Groupe socialiste et apparentés)
  • Christophe NAJDOVSKI (Groupe Ecologiste de Paris)

L'objectif de la MGP est de réduire les inégalités entre territoires, de développer un modèle urbain, social et économique durable mais aussi de renforcer le Grand Paris comme métropole de rang mondial.

Mais avec des compétences réduites (le chantier phare des transports en commun n'en fait pas partie), un budget dérisoire (65 millions d'euros en 2016, hors reversements obligatoires), pas encore de siège ni de président (il sera élu le 22 janvier), cette Métropole du Grand Paris (7 millions d'habitants et 824 km2) est encore loin de ressembler au Greater London (8,6 millions d'habitants et 1572 km2) ou l'agglomération de Berlin (4,5 millions d'habitants et 3734 km2) avec lesquelles elle prétend rivaliser.

Pour y parvenir, il faudrait au minimum que les Plans Locaux d'Urbanisme, le logement, les transports et une partie significative de l'impôt soient gérés au niveau de la métropole.

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Comme c'est loin d'être le cas, il est bien difficile de se montrer optimiste pour l'avenir d'une métropole prise en sandwich entre deux structures (la ville et la région), qui quoi qu'elle disent, ne manifestent aucun enthousiasme pour elle :

parisAnne HIDALGO (Maire de Paris), a lancé de mai à septembre 2015 une consultation publique sur le thème du Grand Paris Citoyen. En introduction (cliquez sur la vignette pour télécharger le document), elle affirmait :

Depuis des années, je m'investis pour faire avancer le Grand Paris car je pense que c'est une chance pour notre ville. Je ferai tout, avec les parisiennes et les parisiens, pour que cette métropole soit efficace et dynamique.

Ce Grand Paris sera citoyen, c'est pourquoi nous avons besoin de vous, de votre mobilisation, de vos idées : contribuez et participez ! 

Etonnante démarche ! un pareil projet n'est-il pas davantage de la compétence des élus diplomés de l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) que de celle du citoyen de base ? Au delà de cette opération de pure communication, elle tient comme la plupart des Maires, à garder la maîtrise de son plan d'urbanisme, sa fiscalité et n'hésite pas pour cela à densifier Paris, à y construire des tours et à conserver Roland Garros intra-muros.

Jean-Paul HUCHON (précédent président de région) affirmait que le périmètre de la métropole du Grand Paris devait de confondre avec celui de la région alors que Claude BARTOLONE (candidat battu) suggérait de renommer la région Paris-Île-de-France, ce qui en filigrane témoigne de la même approche.

Valérie PÉCRESSE (nouvelle présidente de la région Île-de-France) voit dans la Métropole du Grand Paris un contre-sens historique" et d'une "aberration administrative et économique" qui laisse de côté cinq millions de Franciliens et qu'il "est encore temps d'abandonner. Pour elle comme son prédécesseur, la Métropole, c'est la région.

Tous grand-parisiens peut-être, mais tant que nous n'aurons pas un même maire, une fiscalité commune et que subsistera la barrière du périphérique, il y aura encore les grand-parisiens du centre et ceux des territoires ...

Commentaires

Parfait mon Cher Rédacteur . Rien à ajouter ou presque .
Un regroupement de communes à géométrie variable ?
Avec comme objectif majeur : « réduire les inégalités entre territoires, de développer un modèle urbain, social et économique durable »
Comme vous l’indiquez : « compétences réduites » c’est un euphémisme !
Sur les transports collectifs : RIEN ! Alors qu’il s’agit de la PREMIERE préoccupation des IDFs
Donc des élus (pas qu’une poignée) cumulard (e) s pour discuter de ce qu’ils pourraient faire mais le hic : il n’y a pas d’argent !
L’essentiel : le machin ou comité Théodule existe

Écrit par : bernard | 08/01/2016

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