27/02/2026
Place Félix Eboué : La grande imposture des voies bus
La place Félix Eboué transformée a été inaugurée le 31 janvier dernier. Sur cette page de son site, la Mairie du 12e présente un bilan de cette transformation sur lequel on peur lire en bonne place ...
... et, un peu plus bas :
Permettez-nous chers lecteurs de vous rappeler quelques éléments qui vous aideront à interpréter ces affirmations :
Avant le réaménagement de la place il y avait 2 voies bus en entrée de place :
- une sur l'avenue Daumesnil côté est :
- une bd de Reuilly côté est :
Lors du ré-aménagement de la place, les deux sections de voies bus d'entrée de place ont été refaites et réservées aux bus (les vélos disposant maintenant de pistes cyclables) et une 3e a été créée avenue Daumesnil côté ouest.
Par contre, il n'y a toujours aucun couloir bus sur la place elle-même.
Alors que précédemment, la chaussée de la place était excessivement large, il y a aujourd'hui au nord 4 lignes de bus mêlées à la circulation générale sur une voie unique. Que reste-t-il dans ces conditions de l'avantage donné aux bus avec les voies réservées en entrée de place ?
De plus :
- pour aller de la rue Taine à l'est du boulevard de Reuilly, les bus 64 et 71 doivent franchir 4 feux tricolores (contre 3 auparavant).
- pour aller de la rue de Reuilly à l'est de l'avenue Daumesnil, le bus 46 doit franchir 4 feux tricolores (contre 2 auparavant).
- pour aller de l'ouest de l'avenue Daumesnil à l'est du boulevard de Reuilly, le bus 29 doit franchir 4 feux tricolores (contre 2 auparavant).
La phrase :
"Un projet qui favorise les déplacements en transports en commun."
aurait tant gagné en crédibilité si elle était co-signée de la Mairie du 12e ET de la RATP.
08:06 Publié dans Voirie Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : paris
26/02/2026
Il s'appelait Saint-Eloi, c'était trop simple
L'appartenance à un même quartier ou une même rue est un facteur de cohésion sociale entre les habitants particulièrement recherché dans les grandes villes où il est fréquent d'entendre les habitants mentionner l'esprit village de leur quartier.
La connaissance de la géographie, du patrimoine et de l'histoire du territoire où nous vivons facilite ce partage.
C'est ce qu'ont bien compris les associations de quartier et les quelques élus qui ont oeuvré dans ce sens et dont dans le 12e, l'îlot Saint-Éloi est l'un des meilleurs exemples.
L'église, le marché, la bibliothèque, la cour (qui faisait face à l'ancienne église) ainsi que plusieurs lieux privés ont conservé la mémoire du quartier qui est toujours connu sous le nom de sa paroisse historique.
Tout naturellement, l'espace vert de 10 309 m2 qui se trouve au centre et qui tente de compenser l'immensité de béton qui l'entoure avait pris lors de sa création en 1974, le nom de Square Saint-Éloi.
On se demande bien quelle idée saugrenue a pu surgir de la tête de ceux qui ont décidé de renommer ce jardin du nom de Rachel Carson 1907-1964), une biologiste américaine bien peu connue du grand public français et vraisemblablement sans lien avec le quartier. Le but étai-il :
- de s'affranchir du nom paroissial pour affirmer la laïcité du lieu ?
- de conserver la trace de l'action menée sur ce jardin par les élus de l'actuelle mandature ?
- de contribuer par n'importe quel moyen à la féminisation de l'espace public parisien ?
Cette dernière hypothèse est la plus probable puisque des cas similaires ont précédé et ont eu pour résultat immédiat la perte du lien entre le lieu et l'histoire du quartier.
Sauriez-vous par exemple localiser sans cliquer sur leurs noms le jardin Charlotte Valandrey, ou le jardin Solange Faladé ?
Que dire du jardin situé boulevard Carnot récemment dénommé Marguerite Huré alors que le square Carnot est situé dans le bois de Vincennes entre le quartier Carnot et l'esplanade Saint-Louis ?
Que penser enfin de cette tentative heureusement repoussée (V. 296) des élus écologistes du 12e d'attribuer un nom spécifique à la partie du jardin de la cité scolaire Paul Valéry qui, en accord avec la Région Île-de-France va être ouvert sur le quartier ?
Ex-Centre d'Animation Montgallet
Cette regrettable manie ne se limite pas aux espaces verts puisqu'elle a déjà frappé les bibliothèques et de nombreux centres Paris-Anim (qui ont toujours l'heureuse idée de rappeler leurs anciennes dénominations) et qu'elle vient d'atteindre les écoles élémentaires avec ce voeu déposé par les écologistes lors du dernier conseil de Paris de la mandature :
V11 . relatif à la dénomination de l’école élémentaire située au 52 rue de Wattignies, en hommage à France Gall.
Ces re-nominations sont des actes doctrinaires qui appauvrissent l'identité des quartiers concernés. Ils ne profitent ni aux lieux ni aux personnes nommés et n'honorent nullement ceux qui ont pris de telles décisions.
08:09 Publié dans Citoyenneté, Voirie Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : paris
24/02/2026
Faut-il classer les grands ensembles et les barres d’immeubles ?
Ce titre est aussi celui d'un article publié il y a quelques jours dans les pages "Culture" du quotidien Le Figaro. Il concernait plus spécifiquement un long immeuble situé rue du Commandant-Mouchotte (14e).
Pour la plupart d'entre-nous, les termes "grands ensembles" et "barres d'immeuble" sont tellement associés à l'architecture de tours et de barres des année 60 à 70 qu'ils induisent un rejet quasi-immédiat.
Immeuble Mouchotte / Architecte : Jean Dubuisson (1965)
Est-ce à dire que l'architecture contemporaine toute entière ne doit bénéficier d'aucune protection ? Evidemment non comme nous l'avons déjà écrit notamment sur l'article Protection patrimoniale : place aux jeunes !
De plus, tous les grands ensembles et toutes les immeubles-barres ne sont pas d'abominables constructions de grande hauteur qui défigurent la ligne d'horizon parisienne. Voici quelques exemples de constructions monumentales qui, à nos yeux méritent de rester dans l'histoire de l'architecture contemporaine.
Commençons par notre arrondissement :
Immeuble Lumière / Architecte : Henri de la Fonta (1993)
Hôtel Meininger / Architecte : Axel Schoenert (2019)
Ministère de l'Economie et des Finances / Architectes : Paul Chemetov et Borja Huidobro (1989)
Un peu plus loin :
de gauche à droite et de haut en bas :
- Le siège du groupe Le Monde / Architecte : Snohetta (2020)
- L'Immeuble Garance / Architecte : Brigitte Metra (2015)
- L'immeuble Pushed Slab / Architecte : MVRDV-Winy Maas (2014)
- La Caserne Massena / Architecte : Jean Willerval (1971) source image
08:04 Publié dans Voirie Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris
20/02/2026
L'art urbain qualifié de durable l'est-il vraiment ?
En novembre 2020, Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la Maire de Paris annonçait la publication d'un Manifeste pour une nouvelle esthétique parisienne.
En 2021, peu après avoir publié ce manifeste et listé les actions prioritaires à mener pour y parvenir, la municipalité parisienne a prétendu embellir nos quartiers en lançant une série de chantiers qui se sont surtout traduits par des voies cyclables, quelques plantations mais aucun ajout d'oeuvres d'art.
Depuis une dizaine d'années, l'art urbain se réduit à de l'art éphémère essentiellement constitué de peintures murales ou au sol. Par leur nature, ces oeuvres coutent moins cher que des oeuvres durables, et n'incitent guère à des dépenses d'entretien.
Ce qui est plus préoccupant, c'est de constater que les oeuvres d'art prétendues durables ne bénéficient pas non plus des soins pourtant nécessaires à leur pérennité. Ainsi :
. la mosaïque qui ornait la façade du collège Courteline se dépouille d'année en année de ses pièces sans que cela ne semble déclencher la moindre réaction des élus.
. de nombreuses oeuvres ont perdu leurs cartels sans que la direction du patrimoine ne songe à les remplacer.
. la fontaine du square Van Vollenhoven est hors d'eau et si dégradée que l'on songe paraît-il à la transformer en jardinière.
La fontaine en août 2015
La fontaine en février 2026
. dans le parc de Bercy, le Canyoneaustrate qui a depuis longtemps perdu son aspect d'origine (voir cet article de 2019) est confié au POPB qui prévoit de le mettre en vitrine en dessous du niveau de la terre. Voir ci-dessous la reproduction partielle de cette page du site de la Mairie du 12e (MAJ du 16/12/2025).
08:06 Publié dans Citoyenneté, Voirie Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : paris
12/02/2026
Salon permanent de la signalétique rue Sibuet
Le 5 mars 2021, dans l'article Piétons : les oubliés de l'espace public ?, nous écrivions :
La rue Sibuet n'est toujours pas mise en zone de rencontre alors qu'en plusieurs endroits le trottoir n'est pas praticable par un piéton et que depuis 2017, c'est un besoin explicitement mentionné sur cette page du site de la Mairie du 12e. Les piétons doivent-ils s'accommoder des ralentisseurs ?
Le 9 octobre 2024, dans le cadre d'une opération "embellir votre quartier", les élus du 12e ont présenté les aménagement ci-dessous qui appliquent les recommandations du Cerema pour réaliser des aires piétonnes et des zones de rencontre.
Alors que la création de zones de rencontre est possible depuis 2016 et effective dans certaines rues du 12e, il aura fallu attendre la fin 2025 pour que la Mairie du 12e fasse l'investissement minimum pour enfin traiter le cas de la rue Sibuet et ses affluents.
Rue Victor Chevreuil
Sentier Briens
Rue Leroy Dupré
Rue Sibuet
Rue Mousset-Robert
Nota : la présentation du 9 octobre 2024 annonçait l'inversion du sens de la rue Mousset-Robert, ce qui semble abandonné. Des différences entre la présentation et la réalisation apparaissent également rue Lasson, rue Montempoivre rue Rottembourg. On attend toujours le plan de la version validée.
Fin 2025, on a vu en quelques semaines les rues de ce quartier se doter d'une signalétique verticale (panneaux) et horizontale (marquages au sol) destinée a règlementer ce que pratiquaient déjà plus ou moins les automobilistes, les cyclistes et les piétons.

On imagine la fébrilité du conducteur débutant confronté à cette débauche de signaux qui, à quelques subtilités près, l'incitent essentiellement à respecter les piétons.
08:08 Publié dans Voirie Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : paris
30/01/2026
Demain place Félix Eboué, les lions abordent une nouvelle page de leur vie
Depuis 1811, le centre de la place du Château d'Eau (actuelle place de la République) était occupé par une fontaine conçue par Pierre Simon Girard (1765-1836) et fréquemment dénommée Fontaine du Château d'Eau ou Fontaine aux lions de Nubie.
Ces lions sont en quelque sorte les ancêtres des lions de la fontaine Daumesnil.
La fontaine du Château d'eau, vers 1820
En effet : en 1867, dans le cadre des travaux du Baron Haussmann, l'architecte Gabriel Davioud (1824-1882) chargé de réaménager la place conçoit une nouvelle fontaine, également ornée de huit lions dont la sculpture est réalisée par Henri-Alfred Jacquemart (1824-1896). Cette fontaine remplace la fontaine de Girard alors déplacée dans le parc de la Villette où elle se trouve actuellement.

La fontaine aux Lions place de la république en 1875
Les lions de Jacquemart n'ont profité que six ans de la place que venait d'aménager Davioud puisqu'en 1880 ils ont du laisser la place à la statue des frères Morice lauréats du concours consacré à la République. La fontaine de Davioud et les lions de Jacquemart ont alors été réinstallés dans le 12e, place Daumesnil (actuelle place Félix Eboué).
Dans les années qui suivirent, ils vécurent paisiblement, certes encerclés par la circulation, mais qui était fluide et à distance respectable des riverains et usagers de la place. Chacun prenait plaisir à les admirer de loin au gré au gré de sa vie quotidienne.
En 2012, la municipalité leur avait même offert une séance de soins de peau dont ils sont revenus resplendissants.
Les deux dernières années ont été éprouvantes pour les lions comme pour les riverains et usagers de la place affectée par une restructuration qui dépassait largement leur demande..
Demain, dès que les flonflons de l'inauguration se seront tus, débutera pour les lions une nouvelle vie et une cohabitation imprévisible avec les humains qui traverseront la place ou s'y attarderont.
Les lions de Jacquemart ont aujourd'hui près de 160 ans. Les élus parisiens leur ont promis de vieux jours dans un environnement apaisé, qui semble encore très incertain. Si leur condition de vie ne répond pas à leur attente, ne risque-t-on pas de les voir partir pour un lieu où les élus sont plus attentifs à la satisfaction et au bien-être des riverains et usagers de la place ?
Note : la photo des lions au nez rouge (en médaillon en haut à gauche) a été prise en novembre 2012 à l'occasion de l'opération organisée par l'association Clowns sans frontières pour célébrer les droits des enfants.
08:06 Publié dans Voirie Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : paris
06/01/2026
à propos de la NewsLetter
Nous publions sur ce blog chaque jour du lundi au vendredi. La NewsLetter diffusée le vendredi matin est un rappel des publications de la semaine. Il peut de ce fait arriver que vous y découvriez une information concernant un événement déjà passé. Pour éviter pareil désagrément, deux solutions :
- vous connecter chaque jour sur le blog BelairSud
- vous abonner à notre compte X (ex-Twitter) @BelAirSud qui notamment, signale en temps réel toutes les publications.
Si vous n'êtes pas encore abonné à la NewsLetter il est facile de le faire en saisissant votre adresse de messagerie en haut de la colonne de droite du blog.
Si vous ne souhaitez plus recevoir notre NewsLetter, la même procédure vous permet de vous désabonner.
08:01 Publié dans Animation-Culture, Citoyenneté, Commerces, Démocratie locale, Elections, Paris Métropole, Solidarité, Vie du quartier, Voirie Urbanisme, Vu de votre fenêtre, "L'oeil du quartier" | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : paris
31/12/2025
Ainsi se termine cette année pleine de chantiers
Nous clôturons l'année avec un sujet qui occupe une place de choix dans les conversations des parisiens et, nous n'en doutons pas seront également très présents dans les programmes des candidats aux prochaines municipales.
L'année 2025, cela ne vous aura pas échappé, a été marquée par un nombre record de chantiers :
Chantiers de construction :
Qu'ils soient destinés à créer ou améliorer l'habitat et réussis comme ici rue Mousset Robert ...
... ou déplorables comme là boulevard Poniatowski
Qu'ils permettent de doter le quartier de nouveaux équipements comme ici le gymnase Carnot (état au 26 décembre 2025) ...
ou là l'École Bleue ...
.. qui, situés l'un comme l'autre en bordure du boulevard périphérique, bénéficient de son atmosphère irrespirable.
Toutes ces constructions contribuent à augmenter la densité bâtie dans laquelle nous vivons, à s'opposer à la perméabilité des sols et au développement de la végétalisation en pleine terre..
Chantiers de voirie :
On reste perplexes à la vue de leur nombre et du niveau des investissements qui ont été réalisés au cours de cette mandature dans tout l'arrondissement alors qu'auparavant il fallait parfois ferrailler plusieurs années pour justifier et obtenir un budget de quelques k€. Tous ces chantiers ont prétendu embellir et apaiser l'espace public.
Certains y sont parvenu, d'autres beaucoup moins.
Et bien entendu les 41 chantiers que l'Oeil du Quartier vous a remémorés tout au long de l'année.
La photo que nous vous avions soumise mercredi dernier provient de l'agence Rol qui l'a prise en mai 1919 à la porte de Clignancourt alors que débutait la destruction des fortifications de Paris.
L’Excelsior avait annoncé ces travaux dans son édition du 19 avril 1919.
08:09 Publié dans Citoyenneté, Paris Métropole, Vie du quartier, Voirie Urbanisme, "L'oeil du quartier" | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris
30/12/2025
Retour sur l'année 2025
Au cours de la vingtième année pleine de la vie de ce blog, nous vous avons proposé 241 articles et vous avez formulé 256 commentaires sur les sujets les plus divers concernant de près ou d'un peu plus loin Bel-Air Sud.
Nous en avons parcouru la liste et avons choisi de vous rappeler douze d'entre-eux afin de vous inciter à les relire et poster le cas échéant les commentaires qu'il vous inspirent.
- Où va la Coulée Verte René Dumont ?
- L'axe Bizot-Netter au fil des siècles
- Les panneaux M12 : plus nombreux et ouverts à de nouveaux usagers
- Ces lieux qui ont changé de nom : le POPB
- Le provisoire qui dure (1) escalier pour rejoindre le T3 Bd Poniatowski
- Une bibliothèque de près de 9000 m2 à Bercy
- L'espace public, qu'en reste-t-il ?
- Notre quartier au temps des usines : Peugeot Rosengart bd Soult
- Les arrondissements parisiens : du végétal et aéré au minéral et surpeuplé
08:18 Publié dans Animation-Culture, Citoyenneté, Commerces, Démocratie locale, Solidarité, Vie du quartier, Voirie Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris
24/12/2025
Joyeux Noël
En espérant que le Père Noël aura réussi à :
- ne pas avoir eu trop à attendre le bus 29 coincé place Félix Eboué,
- ne pas s’être laissé abuser par des signalétiques piétons depuis bien longtemps obsolètes
- déjouer les itinéraires alambiqués qu’imposent les quartiers récemment « embellis »
et finalement,
- se frayer un chemin dans les épaisses forêts plantées par la Mairie de Paris ...
07:35 Publié dans Animation-Culture, Citoyenneté, Commerces, Démocratie locale, Elections, Paris Métropole, Solidarité, Vie du quartier, Voirie Urbanisme, Vu de votre fenêtre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : paris

Contact


































